20 alertes du burn out syndrome épuisement professionnel

20 signaux d’alerte qui indiquent un « burn-out »

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En France, un très grand nombre de travailleurs souffrent du burnout sans même le savoir. Cet ennemie qui s’immisce discrètement mais sûrement dans vos vies est souvent détecté bien trop tard, lorsque les choses deviennent si difficiles que cela rends le craquage presque inévitable.

D’après les travaux de l’Institut de veille sanitaire (InVS), publiés l’année dernière, il apparait que 480 000 salariés seraient en souffrance psychique liée au travail, dont 30 000 sont en situation de grave dépression professionnelle.

Avant de lire l’article détaillé, voici une infographie de Ben Fanning (spécialiste du burn-out) traduit en français par  (du blog Effervescience.fr) qui vous permet déjà de prendre la mesure de votre situation ou de celle d’un proche en difficulté : 

20 signes alertes du burn-out TEST burnout syndrome épuisement professionnel

 

Il existe de nombreuses manifestations, physiques et psychiques, de survenue d’un burnout. L’Express et HeureuxCommeUnBoss.fr vous aident à repérer les premiers symptômes.

Les chiffres sont alarmants. Dans une étude publiée en avril 2014, le Bureau international du travail rappelait que 2,2 millions de travailleurs dans le monde mouraient chaque année dans le cadre de leur travail, à la suite d’un accident ou d’une maladie professionnelle, soit 5000 personnes par jour.

Le burn-out n’est toujours pas reconnu comme maladie professionnelle, souligne Jean-Claude Delgènes, directeur du cabinet Technologia, dont l’Express avait publié en exclusivité les premiers résultats dans son dossier sur le syndrome d’épuisement professionnel (SEP). Pourtant, ce phénomène en augmentation constante depuis le début des années 1970, trouve son origine, « pour une part au moins, dans l’organisation même du travail », souligne le spécialiste.

Des millions de salariés en danger donc, mais difficile néanmoins d’en dresser un profil type, tant les conditions de travail, d’organisation et de management varient d’un métier à un autre. Tant, également, « même si le SEP peut potentiellement toucher tout le monde, nous ne sommes pas tous à égalité face à ce risque: certains parviennent se protéger quand d’autres, à l’inverse, sont incapables de mettre à distance la sphère professionnelle qui va progressivement envahir la vie privée, jusque dans les rapports de couple », observe Jean-Claude Delgènes. Pour autant, ajoute-t-il, il existe un certain nombre de signes qui peuvent, qui doivent alerter le salarié – ou, à défaut, son entourage.

 

Les manifestations physiques du burn out

Elles peuvent être extrêmement variées, allant du relativement bénin (crampes d’estomac) au risque vital, comme ce fut le cas pour Monique, 46 ans, secrétaire dans une organisation de congrès internationaux, victime d’un malaise cardiaque en 2009 et qui a été sauvée par… un médecin du travail présent sur place!

Parmi les signes les plus précoces, les spécialistes notent surtout l’apparition de troubles du sommeil (insomnies de milieu ou de fin de nuit, difficultés d’endormissement…) qui conduisent en outre à la prise de somnifères. A quoi il faut ajouter des problèmes dermatologiques (allergies, psoriasis, démangeaisons), des douleurs diffuses ressemblant au syndrome de fatigue chronique ou plus localisées (lombalgies, cervicalgies, tendinites au coude ou à l’épaule), ou encore des céphalées, migraines, malaises ou vertiges.

Les manifestations émotionnelles

Sentiment de découragement ou de tristesse, idées noires ou sentiment de persécution, voire angoisse envahissante: si les manifestations affectives qui précèdent le burnout ne sont pas spécifiques en elles-mêmes, leur répétition et, surtout, leur accumulation « signe » en quelque sorte une situation à risques. Car « aujourd’hui, la toute-puissance du travail dévore le reste. L’époque où les temps sociaux s’articulaient est révolue, désormais ils s’entrelacent très étroitement jusqu’au former un continuum temporel. Un exemple: la moitié des cadres travaillent chez eux le week-end », observe Jean-Claude Delgènes

Les manifestations cognitives

Le surinvestissement dans le travail n’est pas sans conséquences sur le fonctionnement même de notre cerveau. Trop sollicité de façon permanente, ce dernier peut en effet se mettre en état de « surchauffe », au point de provoquer des troubles de concentration et des pertes de mémoire. Comme pour Anne, enseignante dans le secondaire dans l’Ouest parisien, et qui arrivée en cours un beau matin « incapable de [se] souvenir quel était le sujet d’interrogation prévue pour [ses] élèves ». D’où un véritable sentiment de panique, d’autant plus déstabilisant qu’il n’avait précédé « par aucun signe particulier ».

Or, avec en cas de baisse de la motivation, nombreux sont les salariés qui se mettent à « ruminer » professionnellement. Peu à peu, l’enthousiasme cède le pas à la désillusion, l’envie de bien faire à la résignation. Les professions de santé, en particulier, sont touchées par ce phénomène. Jusqu’à, parfois, l’abandon de poste pur et simple: « un travailleur qui a l’impression (souvent justifiée d’ailleurs) d’avoir tout donné à son entreprise vit nécessairement mal, voire très mal le manque de reconnaissance – surtout quand il se répète. De la frustration découle la déconsidération de soi-même, qui peut aller jusqu’au sentiment d’anéantissement. On conçoit, dès lors, qu’il ne se sente plus en état de retourner à son poste », note le directeur de Technologia, qui a par ailleurs lancé une pétition pour faire reconnaitre le burn-out comme maladie professionnelle.

Les manifestations comportementales

A mesure que la pression monte, les conséquences dans la vie quotidienne se font de plus en plus violemment sentir. Cela peut se traduire dans un premier temps par une espèce d’abandon interne(négligence vestimentaire…) et externe (négligence des activités de loisirs, sorties familiales etc.). Mais, font remarquer les spécialistes, cette attitude de retrait général débouche souvent sur un isolement social et un cynisme affiché. Progressivement, le salarié prend de la distance avec le monde qui l’entoure. Résultat : des conflits conjugaux et/ou familiaux répétés, des conduites dangereuses(prise de volant avec ivresse) et une consommation accrue de substances nocives, alcool, médicaments et cannabis notamment.

Du plaisir à l’épuisement professionnel: 4 phases caractéristiques

Le cabinet Technologia a identifié quatre phases bien distinctes dans son étude sur le burn-out. Si ces phases peuvent varier d’un individu à un autre et à travers le temps, si elles dépendent pour partie du type de travail effectué et du mode de relation hiérarchique, elles n’en demeurent pas moins relativement constantes.

Phase 1: le plaisir au travail

Satisfaction professionnelle, implication forte, engagement constant, acceptation des aspects négatifs du travail et persévérance dans les tâches entreprises: c’est le temps où le salarié a le sentiment d’être justement récompensé des efforts qu’il entreprend.

Phase 2: le sur engagement

La motivation et la satisfaction restent fortes. Toutefois, la sphère du travail envahit progressivement tout le champ intérieur du salarié, qui accorde moins d’importance à ses besoins personnels, qu’il s’agisse de la pratique d’un sport, de sorties entre amis ou de loisirs réguliers. Le temps de travail dépasse allègrement les 50 heures hebdomadaires, ce dont commencent à se plaindre l’entourage et la famille. Quant aux signes de fatigue physique, ils sont ignorés – ou, à tout le moins, largement minimisés par le salarié.

Phase 3: l’acharnement frénétique

L’idée même de plaisir au travail s’efface progressivement devant l’accumulation de contraintes. De façon symétrique, l’anxiété grandit, l’estime de soi diminue peu à peu, et le salarié fait preuve de moins d’empathie que par le passé. Des signes négatifs apparaissent (critique du mangement, agressions verbales de collègues…), le caractère compulsif de sur-engagement devient évident, y compris dans la sphère privée.

Phase 4: l’effondrement

Dernière phase d’un long processus qui peut durer des mois, l’effondrement succède au « décrochage » semblable à celui que connait un avion durant un trou d’air. Le salarié « craque » littéralement, ayant perdu toute capacité d’initiative. Le cynisme peut alors céder le pas à la violence, y compris physique: des collègues, des usagers, des clients peuvent en faire les frais.

Cet effondrement de la personnalité affecte toutes les dimensions du salarié: psychique, émotionnelle et physique. Celui-ci peut se traduire par une dépression majeure, le fameux burnout. Et le risque de passage à l’acte suicidaire n’est surtout pas à prendre à la légère.


Source : effervescience.fr et Lexpress.fr

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